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Ouverture de la chaîne Youtube : handicap au quotidien

Je vous retrouve aujourd’hui pour un court article personnel, puisqu’il me tenait vraiment à cœur de vous expliquer en quelques mots pourquoi j’ai ouvert une chaîne Youtube, et également les raisons qui m’ont poussé à l’axer principalement autour de mon handicap en trame de fond.

Pendant de nombreuses années, j’ai vécu mon invalidité comme une honte, et par extension, je faisais tout ce que je pouvais pour la cacher ou la minimiser aux yeux du monde. Les rares fois où j’avais essayé d’en faire une force et un atout, j’avais été rejetée, comme lors de mon expérience de streameuse sur Twitch, où l’on m’avait accusée de « profiter » de mon handicap pour attirer la sympathie des gens. C’était évidemment faux, je ne faisais que répondre aux questions et aux sollicitations de certaines personnes bienveillantes, et il s’agissait juste de jalousie mal placée. Mais tout de même, cette expérience m’avait confortée dans mon choix de rester discrète, et j’ai fini par tout arrêter.

Sauf que ces derniers mois, sous l’impulsion d’une nouvelle vie heureuse et grâce à l’amour inconditionnel de mon mari, j’ai commencé à opérer un vrai changement personnel. Je me suis demandé ce qu’était mon rôle sur cette terre, les raisons de ma naissance, et le but de mon existence. Beaucoup diront que nous vivons et que nous mourrons sans que tout cela n’ait quoique ce soit de logique, mais moi, j’aime à penser que nous avons tous une tâche à accomplir ici-bas. Je me suis donc rendue compte que cette volonté de me « cacher », de mes clients et de la société, n’était pas tant due à la crainte du jugement qu’à la honte que je ressentais. Parce que oui, toutes ces années, j’avais honte de ce que j’étais et de qui j’étais. J’avais honte de ne servir à rien, et de ma personnalité atypique qui ne rentrait pas dans le moule du « politiquement correct ». De nombreuses personnes ont contribué à cette dernière honte d’ailleurs, parce que j’étais « bizarre », trop « délurée », trop « cash », trop tout ce qu’ils n’étaient pas et ne seraient jamais. Je les ai longtemps haïs de m’avoir infligé toutes ces peines et ces douleurs, mais aujourd’hui, c’est terminé, je prends mon envol, et je roule sur le boulevard de leur médisance.

J’ai commencé à militer pour le handicap il y a quelques mois. J’ai noué des liens avec d’autres personnes invalides, et je me suis intéressée de plus en plus à nos conditions de vie et à ce que le gouvernement faisait pour nous (c’est-à-dire pas grand chose…). Toute cette prise de conscience s’est accompagnée de la découverte de faits terribles, comme celui d’une mère tuant son enfant gravement infirme, et de pensées obscures d’une société validiste et handiphobe qui, sur les réseaux sociaux, approuve ce geste et appelle à « l’extermination des handicapés, parasites de la société et inutiles pour le monde ». Vous souriez à la lecture de cette ligne ? Vous vous dites que j’exagère ? Et pourtant si vous saviez… Ils sont beaucoup à le penser, je vous l’assure, et c’est encore pire depuis l’émergence du mouvement des gilets jaunes et de la chasse aux « assistés » qui va avec.

Pour toutes ces raisons, après de nombreuses semaines de réflexion et de coups de poignard en plein coeur, mais surtout après avoir découvert la chaîne Youtube de Squirmy & Grubs, un petit couple américain valide/invalide, mon chéri et moi avons décidé de nous lancer aussi. Parce que s’il y a bien une chose que je peux accomplir de mon vivant, c’est montrer que le handicap n’est pas l’inutilité qu’en disent certains, et que chaque personne, même la plus affaiblie, vaut la peine d’être connue.

NON, on ne passe pas forcément nos journées à l’hôpital.
NON, on ne reste pas à se morfondre chez soi.
OUI, on peut voyager, sortir et être heureux.
NON, vous n’avez pas à avoir pitié de nous, on ne veut pas de vos bons sentiments dégoulinants ni même de votre discrimination positive.
NON, on ne croule pas sous les aides financières, et l’argent ne coule pas à flots « sans rien foutre de nos dix doigts » (ça aussi, qu’est-ce qu’on a pu me le dire).

Moi, je vis, je ris, je pleure, j’aime, je suis aimée, je sors, je travaille, j’écris, j’ai des rêves, et je m’apprête même à voyager ! Et s’il faut faire des vidéos de mon quotidien pour le prouver, et sensibiliser la société à une minorité trop souvent ignorée, alors je vais le faire.

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