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[Critique] The Punisher : du sang, de la sueur et des poils

Quand mon petit mari m’a proposé de regarder la première saison de The Punisher l’année dernière, je dois avouer que je n’étais vraiment pas emballée. Les précédentes adaptations Marvel de Netflix n’avaient pas brillé à mes yeux, et je les trouvais même plutôt chiantes pour être honnête. Du coup, j’étais pessimiste, mais c’était une erreur. J’ai été fascinée dès le premier épisode ! Violente, émouvante, sombre et sans compromis, cette série est bien plus réussie que ses prédécesseuses. Il y a du sang, des os broyés, des gueules déchirées, de l’émotion, et même des nanas qui en ont, que demander de plus ? Mais de quoi donc ça cause ce truc-là se demandent peut-être certains parmi vous ?

Après s’être vengé de ceux responsables de la mort de sa femme et de ses enfants, Frank Castle décèle un complot qui va bien plus loin que le milieu des criminels new-yorkais. Désormais connu à travers toute la ville comme The Punisher, il doit découvrir la vérité sur les injustices qui l’entourent et touchent bien plus que sa seule famille.

Vous l’aurez compris, ce n’est pas une série pour les enfants. Vraiment pas. Ou alors vous avez une drôle de manière d’éduquer vos rejetons, mais je ne juge pas ! À noter que je ne connais pas le comic book d’origine, donc je ne vais faire aucune comparaison avec ce dernier, et je vais seulement m’en tenir à la série en elle-même.

L’une des choses qui me plaît le plus avec The Punisher, c’est que la violence n’est pas gratuite. Derrière les actions de Frank Castle, il y a toujours une raison et un code de conduite. C’est un personnage rempli de colère, que la vengeance n’apaise pas réellement, et qui a le don de se mettre dans des situations incroyables, un peu à la façon de John McClane pour les plus cinéphiles d’entre vous. D’ailleurs, tout comme lui, il passe son temps recouvert de blessures, de sueur et à être globalement dégueulasse ! Ce n’est pas une série sponsorisée par Ariel (si vous n’avez pas la référence, je ne peux rien pour vous). Néanmoins, tous les épisodes ne font pas l’objet d’un déversement de scènes gores et sauvages, la série est bien plus subtile. Elle aborde des thèmes touchants et variés, dont le traitement dramatique reste toujours juste et nuancé. Tantôt dénonciatrice du système, notamment quant au sort réservé aux soldats après leur retour au pays, tantôt émouvante, c’est une œuvre engagée qui ne se contente pas de jouer des poings.

Deux saisons sont pour le moment disponibles sur Netflix, sachant que la deuxième est sortie en janvier, et rien ne dit qu’il y en aura une troisième en raison des conflits évidents entre Disney/Marvel et Netflix. Je ne suis pas certaine que ce serait une bonne idée de toute façon. Les deux premières sont si excellentes, qu’il faut peut-être s’arrêter là et éviter le syndrome Grey’s Anatomy.

Il est important de signaler la différence de traitement entre les deux saisons. Dans la première, on a affaire à un Frank Castle violent et bourrin qui ne discute pas et fonce dans le tas sans faire preuve de sentiments. Il est solitaire et ses actions n’engagent que lui, d’où un certain « je-m’en-foutisme » face aux conséquences éventuelles. Il est obnubilé par une seule chose : venger la mort de sa famille, peu importe le prix à payer et le nombre de cadavres qu’il doit laisser derrière lui. A contrario, il est plus apaisé dans la seconde saison, même si le mot est un peu fort. On le retrouve quelques semaines après les événements de la saison 1, exilé dans un autre État et à la recherche d’un peu de tranquillité. Malheureusement pour lui, il se retrouve projeter dans la vie d’une adolescente qu’il va devoir aider et protéger, en plus de ses propres soucis qui vont resurgir en parallèle. Entre les deux héros va se développer une relation presque paternelle, mi-brutale mi-tendre. Frank va pour la première fois réellement s’attacher à quelqu’un, et cette complicité ne nous laisse pas de marbre considérant le passé de ce dernier.

Certains diront que cette nouvelle saison n’est pas assez violente, pas assez froide, et qu’elle fait trop dans la psychologie et les sentiments contrairement à celle de l’année dernière. C’est un avis qui se défend, mais c’est justement ce qui fait mûrir la série à mon sens. C’est sympa un moment de voir un type bourrin détruire tout ce qui bouge en travers de son chemin, mais c’est un peu redondant au bout d’un moment. Peut-être que mon côté fille influence mon jugement, mais pour moi la violence et l’émotion ne sont pas deux notions incompatibles. J’ai même bien plus apprécié cette nouvelle salve d’épisodes, justement pour cette raison.

Côté personnages et acteurs, même si quelques-uns sont, à mon sens, insipides, la grande majorité est brillante. Jon Bernthal est au top de son art, il est éblouissant dans cette version du Punisher. Oui, je sais, je ne suis absolument pas objective, j’adore cet acteur depuis très longtemps, mais je vous assure que c’est le cas ! Ben Barnes l’est tout autant dans son rôle de Russo, et l’écriture du personnage dans la seconde saison le rend incroyablement sympathique malgré ses actions. D’ailleurs, je suis tombée de mon fauteuil, quand j’ai découvert l’année dernière que ce n’était ni plus ni moins que le prince Caspian de Narnia. Ça, c’est un « glow up » comme disent les jeunes ! Notons aussi que cette seconde saison est définitivement celle des filles. Les femmes y sont fortes, indépendantes, et essentielles au déroulement de l’histoire. Madani (Amber Rose Revah), flic traumatisée par Russo, ne lâche rien et repousse ses limites morales pour mettre la main sur ce dernier. Amy (Giorgia Whigham), jeune paumée insolente mais attachante, accompagne Frank et devient de plus en plus couillue au fil de la saison. Quant à la psy de Russo, le Dr. Dumont (Floriana Lima), elle confirme que les apparences sont parfois trompeuses et s’avère finalement aux antipodes de la femme médecin traditionnelle un peu nunuche. Bref, il y en a pour tous les goûts et cet aspect féministe fait plaisir à voir !

Je vais m’arrêter ici parce que je pourrais être dithyrambique pendant des heures concernant cette série. Si vous aimez le genre justicier bourru aux phalanges d’acier, mais avec un petit cœur qui bat, je vous conseille d’aller découvrir ça si ce n’est pas déjà fait. Quant à ceux qui ont vu les deux saisons, je serais curieuse d’avoir votre avis dans les commentaires et de savoir si vous partagez mon coup de coeur (ou pas) !

L'auteur : Morrigane

Myopathe trentenaire dévergondée • Vieille étudiante en Lettres Modernes • Autrice • Rédactrice & CM freelance • Blogueuse #PopCulture #Écriture #Lifestyle • Gameuse à mes heures perdues
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