Horreur & Thrillers

[Critique] La main de la nuit, de Susan Hill

Octobre étant pour moi synonyme d’écrivains que je ne connais pas, en tout cas jusque-là, je continue sur ma lancée avec Susan Hill. Loin d’être inconnue du public, puisqu’il s’agit de l’auteur de La Dame en noir, je n’avais jamais eu l’occasion de lire quoique ce soit d’elle avant aujourd’hui. Ce manquement est dorénavant réparé avec son dernier roman La main de la nuit, tout juste publié aux éditions l’Archipel le 22 Octobre dernier. Lorsque j’en ai entendu parlé sur la chaîne Youtube de Justine, je n’avais absolument aucune idée de l’histoire. Mais ayant été légèrement terrifiée par l’adaptation cinématographique de La Dame en noir, à défaut de l’avoir lu, je me suis dit que ça ne pouvait que correspondre à ce que j’aime. Verdict ?

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

« C’est alors que je sentis une petite main se glisser dans ma main droite, comme si un enfant s’était matérialisé à côté de moi dans l’obscurité pour s’en saisir. Elle était fraîche et ses doigts se replièrent avec confiance dans ma paume. Nous restâmes ainsi pendant un moment, ma main d’homme serrant la toute petite main. Mais l’enfant était invisible… »
Adam Snow, un expert en livres anciens qui travaille pour de richissimes clients, se perd dans la campagne anglaise. Il se retrouve dans le jardin d’une propriété qui semble abandonnée, mais qui l’intrigue fortement. Là, il ressent une présence, menaçante…

FRISSONS AUX ABONNÉS ABSENTS

Vous l’aurez compris, il s’agit d’une histoire de fantômes dans la lignée de ce que l’auteur a déjà pu écrire. Je pensais que me convaincre serait très facile pour Susan Hill, vu que je décroche rarement d’un livre pour peu qu’il s’agisse d’un thème surnaturel. Seulement voilà, à ma grande surprise, cette fois-ci la magie n’a pas complètement opéré. Je ne dis pas que le roman est mauvais, loin de là, mais je pense qu’il aurait pu être bien meilleur sans les quelques points qui m’ont chiffonné. J’ai persisté dans ma lecture parce que j’ai horreur d’abandonner un livre en cours de route, et aussi parce que je voulais tout de même connaître le fin mot de l’histoire. À qui appartenait cette petite main ? Pourquoi s’en prenait-elle de la sorte à Adam ? Un mince suspens persistait malgré tout ce que je m’apprête à vous dire, et c’est son unique présence qui m’aura tenu jusqu’au bout. Mais côté frissons, ce fut le néant. Je suis peut-être une lectrice difficile à combler sur ce point, la faute à un trop plein de lectures fantastiques et horrifiques, mais La main de la nuit ne m’a fait ni chaud ni froid en matière d’effroi. De plus, les ficelles concernant le petit fantôme sont un peu grosses, et son origine se devine très vite, rendant ainsi inutile tout le suspens que l’auteur essaie de mettre en place à son sujet.

UN HÉROS TRANSPARENT

Pour commencer, j’ai eu le plus grand mal à m’attacher au personnage d’Adam Snow. Je ne sais pas vraiment pourquoi, seul le manque d’éléments le concernant me vient à l’esprit. Car c’est là toute l’originalité du livre ! L’action débute dès les premières pages, et met directement notre protagoniste en situation. D’habitude c’est un point que j’apprécie énormément, car l’auteur prend généralement le temps de nous faire connaître son héros au fil des pages suivantes. Ici ce n’est pas le cas. Très peu de détails nous sont donnés sur sa vie, hormis son métier et l’existence d’un frère. Encore pire, aucune information sur son physique. Grand, petit, gros, mince, cheveux court ? Le lecteur ne le saura jamais. Idem pour sa personnalité. Rien ne m’a permis de l’apprécier ou même de le détester. Il est lisse et m’a laissé de marbre, ce que j’ai trouvé fort regrettable. Au final, il y a une distance entre lui et nous qui n’est jamais brisée, à aucun moment, et qui gâche totalement son aventure.

UNE PLUME AGRÉABLE MAIS…

Concernant le style d’écriture de Susan Hill, ce fut une totale découverte. La lecture est plaisante, grâce à une plume féminine, poétique, et pleine d’élégance. Cependant, plusieurs points m’ont perturbé, et ont rendu le livre difficile à lire malgré ses 180 pages. Pour commencer, il y a souvent de petites répétitions qui s’avèrent désagréables. Une expression comme « autour de moi », par exemple, peut revenir deux fois dans une même phrase. Je ne sais pas si les problèmes sont présents en version originale ou si c’est la traduction qui est fautive, mais ils sont assez déplaisants pour que je les remarque. Malgré tout, le livre n’en est pas rempli, je vous rassure.
Mais selon moi, le plus gros problème se situe au niveau des descriptions qui sont très (trop ?) nombreuses. Non seulement il y en a beaucoup, parfois sur des éléments qui auraient tout aussi bien pu s’en passer, mais en plus elles sont souvent lourdes. Lourdes de part leurs tournures maladroites, lourdes aussi de part le choix du vocabulaire qui manque parfois de spontanéité. Elles ne sont pas fluides, en plus d’être totalement inefficaces dans la plupart des cas. Pour preuve, j’ai été incapable de m’imaginer la maison et le jardin dans lesquels se déroulent pourtant les événements les plus marquants. L’usage récurrent du jargon botanique pour les scènes en extérieur n’a pas aidé non plus, en sachant qu’il y a peu de chances que le lecteur lambda y soit habitué. Ce qui fut complètement mon cas…. C’est un vrai souci compte tenu du fait que ces scènes ont beaucoup d’importance.

LE MOT DE LA FIN

Ce n’est pas non plus un mauvais livre comme je vous le disais plus haut, et je vous le conseille malgré tout. Il a des choses intéressantes à partager, et je suis certaine que beaucoup sauront y trouver leur compte. La chute est par exemple totalement inattendue, et un tantinet choquante. Le lecteur se rend compte alors de la morale qui se cache derrière l’histoire. Morale qui veut que les erreurs doivent toujours être assumées, quelles qu’elles soient, ou elles finissent par se payer.

L'auteur : Morrigane

Myopathe trentenaire dévergondée • Vieille étudiante en Lettres Modernes • Autrice • Rédactrice & CM freelance • Blogueuse #PopCulture #Écriture #Lifestyle • Gameuse à mes heures perdues

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