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[Critique] Les Gardiens de la Galaxie

Je crois que je n’ai jamais autant trimé de toute ma vie pour voir un film. À chaque fois que je planifiais une séance de cinéma, quelque chose finissait toujours par m’en empêcher. Ce fut d’autant plus difficile à gérer que la twittosphère, et la blogosphère, ne se sont pas gênées pour me teaser méchamment. Les internautes ne tarissent pas d’éloges au sujet de ces fameux Gardiens de la Galaxie, et je l’ai appris à mes dépens. Heureusement, toute bonne poisse a une fin, et j’ai enfin pu m’y rendre hier. Tiré d’un comics de chez Marvel, ce film est réalisé par James Gunn qui, avouons-le au passage, ne brillait pas par ses oeuvres jusqu’ici. Avec un beau casting composé de Chris Pratt et Zoe Saldana pour la partie présence physique, ou encore de Vin Diesel et Bradley Cooper pour la partie doublage, la production s’affichait comme l’une des valeurs sûres de cet été. Alors, bonne surprise ou énième blockbuster sans intérêt ?

En 1988, alors que sa mère vient de mourir dans une chambre d’hôpital, le jeune Peter Quill (Chris Pratt) s’enfuit en pleurs avant d’être aspiré par un vaisseau spatial… Vingt-six ans plus tard, il est devenu Star-Lord. Aventurier intergalactique, il est traqué par tous les chasseurs de primes, pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan (Lee Pace). Si ce dernier finissait par obtenir l’objet, il menacerait alors de destruction l’univers tout entier. Lorsque Peter découvre le véritable pouvoir de ce globe, et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens aux origines disparates : Rocket (voix Bradley Cooper), un raton laveur fin tireur, Groot (voix Vin Diesel), un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique Gamora (Zoe Saldana), et pour finir Drax le Destructeur (Dave Bautista), qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat, aussi désespéré soit-il, pour sauver ce qui peut encore l’être…

Comme je le disais en introduction, Les Gardiens de la Galaxie est l’adaptation cinématographique des comics éponymes créés en 1969, et racontant l’histoire de deux équipes chargées de protéger la galaxie des vilains voulant y mettre le bordel. Nos bons défenseurs ne sont donc plus de toute première fraîcheur, comme vous pouvez le constater ! Toutefois, en ce qui nous concerne, les personnages du film correspondent dans leur ensemble à la seconde équipe, développée par Dan Abnett en 2008. Si je dis « dans leur ensemble », c’est uniquement pour les quelques changements mineurs effectués par les scénaristes. L’équipe de production a justifié son choix par l’ambiance plus contemporaine et décontractée qui se dégageait de ces gardiens plus modernes. Je vous passe le reste des détails, car nous ne sommes pas vraiment là pour juger de la « conformité » de l’adaptation.

Commençons par le plus simple, l’esthétisme de la bête. S’il y a bien une chose que l’on ne peut pas reprocher à Marvel, c’est qu’ils savent soigner la photographie et les effets spéciaux de leurs blockbusters. Il aurait donc été étonnant que celui-ci échappe à la règle. Toutefois, il fait plus que la confirmer, il la sublime. Le niveau visuel est hissé vers des sommets encore rarement égalés. Les deux seuls exemples de même calibre qui me viennent en tête sont Avatar et Pacific Rim. C’est pour dire ! Les Gardiens de la Galaxie possède un style tellement soigné et unique, que je me suis crue plus d’une fois dans un comics animé et non dans un film. Les couleurs pop et acidulées, composant la galaxie, raviront même les plus blasés d’entre vous. Et que dire des batailles de vaisseaux qui sont tout simplement vertigineuses. Vraiment, si vous êtes un passionné de science-fiction et si vous aimez le genre space opera, vous prendrez votre pied devant ce film je peux vous l’assurer.

Concernant le contenu, comment ignorer l’ambiance ultra décontractée qui se dégage du film. Je ne saurais pas vraiment l’exprimer avec des mots, mais tout est fait pour que le spectateur tombe dans un univers hippie baba cool. Comment ? Par la bande originale qui est véritablement fabuleuse ! En tant que mélomane compliquée, sachez que je pèse mes mots. L’une des premières scènes se fait par exemple sur fond de Come and Get Love du groupe Redbone, et vous met directement dans l’ambiance très rétro qui va suivre. Peter passe presque l’intégralité du film avec un walkman K7, et une compilation de hits des 70′s, tous deux uniques reliques restantes de ses jeunes années sur Terre. Le reste de la BO, tout aussi vintage, décalée, et funky, renforce ce sentiment de coolitude jusqu’au bout. Ainsi, vous entendrez passer du Hooked on a Feeling de Blue Swede, ou encore du I want you back des Jackson Five. Nous sommes très loin des grandes effusions orchestrales d’un Hans Zimmer, ou d’un Alan Silvestri, bien que j’apprécie d’habitude le travail de ces deux compositeurs. Un peu de changement ne fait pas de mal, surtout quand il est aussi bien amené.

L’écriture des personnages est quant à elle une vraie réussite ! Tous ont un caractère bien particulier, et sont dotés d’un humour décapant. Humour qui est d’ailleurs propre à chacun d’entre eux. Les dialogues sont dynamiques, mordants, et ils vous arracheront sans aucun doute de nombreux fous rires. Les blagues et réparties sont ici totalement maîtrisées, là où elles tombent souvent à plat dans les autres superproductions du genre. C’est frais, complètement barré, et ça fait un bien fou ! À ce propos, le duo Rocket/Groot vaut le déplacement à lui seul, et sait complètement faire oublier sa « virtualité ». L’ensemble du groupe forme une sorte d’Agence tous risques intergalactique, mais tout aussi peu conventionnelle que l’originale.

Si l’on devait faire un reproche à nos chers gardiens, c’est vers le scénario qu’il faudrait se tourner. Loin de révolutionner le genre « blockbuster de super-héros », le film met en avant un méchant vraiment très méchant, et des gentils prêts à tous les sacrifices. Oui, c’est une recette usée jusqu’à la moelle depuis des décennies, je vous l’accorde. Mais malgré tout, l’abondance des qualités, et le bien-être qu’il procure, rendent presque impossible le fait de lui en tenir rigueur. Rocambolesque et déjanté, Les Gardiens de la Galaxie est une vraie bouffée d’air frais comme on aimerait en voir plus souvent. Vous ressortirez de cette séance tout léger, et votre bonne humeur sera à toute épreuve. Un petit conseil avant que j’oublie, restez après le générique de fin, car deux courtes scènes assez sympathiques s’y cachent. En tout cas, à ce jour, c’est la plus belle séance que j’ai vécu de toute l’année.

L'auteur : Morrigane

Myopathe trentenaire dévergondée • Vieille étudiante en Lettres Modernes • Autrice • Rédactrice & CM freelance • Blogueuse #PopCulture #Écriture #Lifestyle • Gameuse à mes heures perdues

4 Commentaires

  • Alors là, pour le coup, j’y suis allée pleine d’espoir (rapport au raton laveur armé d’un bazooka & à « CHEEESSAPPELGROOOT ») en me basant sur les teasings qui me promettaient « la version crade & déjantée d’Avengers ». Et j’ai attendu en vain l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres de mon enthousiasme.
    C’était un gros pétard mouillé, avec un méchant inexistant et au charisme comparable à celui d’une huître. Excepté les dix premières minutes (là ou Starlord danse tout seul en mode Indiana Jones de l’espace), le reste est plat, mou et surtout pas drôle (pourtant, je suis extrêmement bon public). J’ai senti aucune alchimie entre les personnages (cf. la vanne du « Ouais super, on est tous debout et maintenant on fait quoi ? » qui tombe totalement à plat), un peu comme si les acteurs savaient pas quoi faire de leurs corps et de leurs textes. Un calvaire à regarder. J’ai cru que ça se terminerait jamais… (d’ailleurs, peut-être que je me suis endormie à un moment, je ne saurais trop dire comment ils se sont retrouvés chez le gus qui fait du recel de trucs chelous).

    Peut-être que j’aurais dû le voir en VO, oké. Mais quand même, le doublage n’excuse pas la profonde vacuité de l’ensemble.
    Sur ce coup-là, je reste pro-Avengers (« WE HAVE A HULK! »). Forever.

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