Roadmaster, de Stephen King | Blog littéraire
SF & Fantastique

Roadmaster, de Stephen King : un roman en demi-teinte

Aujourd’hui, je vais vous parler de Roadmaster de Stephen King. Je suis une immense fan de cet auteur, mais j’ai beaucoup ralenti mes lectures le concernant ces dernières années. J’ai donc pas mal d’œuvres à rattraper, et cette dernière, parue en Septembre 2002 aux États-Unis et en Février 2004 en France, en fait partie.

RÉSUMÉ

Un inconnu s’arrête dans une station-service perdue au fin fond de la Pennsylvanie. Il est au volant d’une Buick Roadmaster, un magnifique modèle des années 1950… qu’il abandonne là avant de disparaître. Alertée, la police vient examiner le véhicule, qui se révèle entièrement factice et composé de matériaux inconnus. Vingt ans plus tard, la Buick est toujours entreposée dans un hangar de la police d’État, et rien n’a filtré des phénomènes surnaturels qui se produisent à son entour et qu’elle semble provoquer. Un homme veut cependant savoir la vérité : Ned Wilcox. Fils du policier initialement chargé de l’enquête, ce dernier est finalement mort dans un mystérieux accident. L’enquête n’a jamais été résolue, et Ned ne croit pas au hasard.

ORGANISATION DE L’HISTOIRE

La narration est différente du style habituel de King. Même si je n’ai pas encore lu certains livres de sa bibliographie, je n’en ai encore jamais rencontré de similaire. La quasi-intégralité de celle-ci se passe dans les locaux de la Compagnie D, entre les officiers et un jeune homme, fils d’un collègue décédé. Le garçon se pose des questions sur la mort mystérieuse de son père, jamais élucidée. Il passe alors beaucoup de temps avec ces hommes qui se sont pris d’affection pour lui. Un jour, il découvre une vieille Buick entreposée dans le hangar D. Au premier regard, cette voiture le fascine. À force de se montrer insistant, en particulier auprès de Sandy, la Compagnie D lui raconte l’histoire de cette Buick Roadmaster. La narration fait alors de longs bonds dans le passé, avant de revenir au présent et d’aller également dans le futur.

DES FAIBLESSES POUSSIVES…

L’histoire est presque entièrement articulée autour d’un huis-clos entre les officiers qui racontent le passé, et le jeune homme qui les écoute. Même les flashbacks sont de cet acabit. Ces derniers ne sortent quasiment jamais des locaux de la Compagnie D, à l’exception de 2 ou 3 anecdotes. Le problème d’un huis-clos est qu’il peut vite s’avérer ennuyeux s’il ne se passe pas grand chose ! C’est malheureusement le cas ici. C’est un peu mou et ça ne décolle jamais vraiment, malgré une trame bien mystérieuse. Hormis 4 ou 5 scènes plutôt courtes, il ne se passe pas grand chose d’autres que de la « parlote ». Ce Roadmaster est donc une petite déception pour ma part ! Stephen King m’avait habitué à mieux, avec des histoires pleines de rebondissements, d’événements et d’actions.

Stephen King | Blog littéraire

…MAIS PAS INSURMONTABLES

Paradoxalement, malgré tous ces éléments plus ou moins négatifs, l’auteur réussit le pari de nous garder jusqu’à la fin. C’est contradictoire, mais il y a beaucoup de choses effrayantes qui ont eu lieu dans ce fameux hangar D. L’envie d’en savoir plus suffit à maintenir un certain intérêt. On veut tout connaître de cette Buick, tout comme Ned – le jeune garçon – qui bout d’impatience de savoir le fin mot de l’histoire. Pourtant, mis à part 4 ou 5 scènes racontées comme si vous y étiez, il n’y a rien de bien percutant. C’est assez fascinant de voir avec quelle facilité King parvient à embarquer le lecteur. Rien de tel qu’une vieille voiture mystérieuse, à l’origine d’événements captivants, pour me garder scotchée à un livre. Bon, j’avoue aussi que je suis très bon public dès qu’il s’agit de fantastique !

DES QUESTIONS EN SUSPENS

Difficile de vous faire part de mon sentiment sur la fin du livre, sans vous spoiler et ainsi vous coupez toute envie de le lire. Roadmaster se termine en « eau de boudin » (douce expression de ma chère maman). De nombreuses questions restent en suspens et notre curiosité doit se contenter d’imaginer la réponse qui lui convient. Qui était l’inconnu, propriétaire de la voiture ? Pourquoi le véhicule a-t-il été abandonné ici ? Deux questions, tout de même plus que légitimes, pour lesquelles l’auteur ne donne aucunes solutions. C’est plutôt frustrant ! J’ai en horreur les histoires qui laissent le lecteur/téléspectateur trouver ses propres réponses. Je conçois que certains mystères puissent rester non résolus, s’ils ne sont pas les piliers d’une histoire, mais c’est justement le cas ici ! Sans l’inconnu pour abandonner la voiture et disparaître, il n’y aurait pas eu de hangar D, et le père de Ned serait certainement toujours en vie.

MON AVIS SUR « ROADMASTER »

C’est donc avec un sentiment mitigé que j’ai tourné la dernière page de ce livre. J’adore Stephen King, mais sur ce coup il me déçoit un peu. Heureusement, tout n’est pas à jeter, et c’est un roman qui mérite d’être lu. Ne serait-ce que pour en savoir plus sur cette mystérieuse voiture !

L'auteur : Morrigane

Myopathe trentenaire dévergondée • Vieille étudiante en Lettres Modernes • Autrice • Rédactrice & CM freelance • Blogueuse #PopCulture #Écriture #Lifestyle • Gameuse à mes heures perdues
Laisser un commentaire